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Story

Les jésuites adversaires, les jésuites avec une longue formation, les jésuites sans habits religieux. Quand Nader cherchait comment il était appelé à servir, la Compagnie de Jésus avait trois prises dès le départ !

Nader a grandi et fait son secondaire en Égypte, avant d’aller en France pour ses études universitaires. Il a rejoint sa famille au Canada en 2018… mais aussi, finalement, la grande famille jésuite.

Son conseil pour les hommes qui voudraient eux aussi vivre le noviciat de la Compagnie de Jésus : « N’ayez pas peur de faire quelque chose de nouveau. N’ayez pas peur de sortir de votre zone de confort. »

D’un Dieu fâché à un Dieu ami, à la suite de Jésus

Nader a grandi en Égypte, avec la crainte que le ciel lui tombe sur la tête. « L’image de Dieu était plutôt celle d’un Dieu caché dans les cieux, en train de regarder tout le monde, fâché tout le temps, attendant le bon moment pour nous punir. » Le jeune homme n’avait donc pas tellement envie d’avoir une relation avec un tel Dieu, outre les prières obligatoires et les messes du dimanche – auxquelles il était très heureux d’arriver parfois en retard.

Marcher à la suite de Jésus comme Ignace de Loyola n’était donc absolument pas dans les plans de Nader. Mais quand il a commencé à s’impliquer dans le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), il a rencontré un Dieu qui était tout un autre. « Dieu était une vraie personne qui aime, qui n’est pas fâchée et qui veut devenir mon ami. » Ce fut donc le début d’une histoire entre Nader et Jésus, une rencontre personnelle, à la manière de la spiritualité ignatienne. C’est ce dont il s’est rendu compte plus tard, car sur le moment, Nader ne pouvait mettre les mots sur sa spiritualité. En effet, son école était en rivalité avec celle des jésuites !

Au fil du temps, Nader découvre son grand désir : devenir prêtre et servir Dieu. Là encore, les jésuites ne faisaient pas partie de ses premiers choix, avec leur très longue formation. « Mon raisonnement était : si je cherche à devenir prêtre, pourquoi prendre le plus long chemin, alors que je peux prendre un raccourci et arriver au même but à la fin ? »

De plus, le jeune homme était au départ attiré par l’habit religieux, mais les membres de la Compagnie de Jésus ne portaient pas d’habit particulier. « Les jésuites, ils n’avaient rien comme vêtements particuliers, ils étaient juste là. »

C’est avec la maturité, en faisant finalement le lien entre « spiritualité ignatienne » et « Compagnie de Jésus » et en réfléchissant à sa vocation, que Nader a décidé d’entrer au noviciat jésuite à 24 ans. Il n’a pas dévoilé à sa famille cet appel, mais voyant des signes comme un grand désir d’aller à la messe et d’y participer… ses parents ont quand même deviné qu’il allait devenir religieux.

Le noviciat

C’est donc sans en parler que Nader a communiqué avec les responsables du noviciat jésuite, rencontrés lors d’un événement MEJ au Québec. Quelques signes lui ont montré qu’il était sur le bon chemin. Un exemple ? Afin que la rencontre en ligne se fasse de manière confidentielle de manière confidentielle, le jeune homme s’est rendu dans un parc, une journée de pluie. « Je disais au Seigneur : “Tu sais quoi ? J’ai besoin d’à peu près une heure.” Et cette heure, c’était au milieu de la pluie, selon les prédictions météo. Mais je suis sorti, je suis allé au parc, et il n’y avait pas de pluie. Quand j’ai raccroché après une heure, une goutte de pluie m’est tombée sur la tête. Et pour moi, c’était comme un clin d’œil… ou un clin Dieu. »

Le processus pour entrer au noviciat dure environ un an. « Quand se sent prêt et qu’on applique pour entrer au noviciat, il y a beaucoup de formulaires à remplir, des rencontres médicales, des évaluations psychologiques, des rencontres officielles avec des jésuites et des non-jésuites pour parler de la vocation et poser des questions. Et ensuite, le provincial et ses proches collaborateurs discutent et décident si on est accepté. Il faut être motivé ! »

Accepté, Nader s’est préparé à entrer dans la maison des novices pour deux ans. Quitter sa famille n’a pas été facile, surtout qu’il entretient une relation très forte et étroite avec celle-ci. « Au début du noviciat, on appelle les deux premiers mois le Media Fasting : pas d’ordinateur, pas d’Internet, pas de télé, rien. On peut seulement garder contact avec les gens par des lettres manuscrites envoyées par la poste. C’était difficile. J’ai beaucoup pleuré quand j’ai reçu les lettres. »

« Ensuite, on entre dans la routine. C’était très, très encadré, avec un horaire. On nous dit quoi faire et quand le faire. » La plus grande partie du noviciat, selon Nader, consiste à approfondir sa relation avec Dieu, mais aussi à travailler à divers endroits pour expérimenter la vie jésuite. Certaines parties étaient très difficiles, et c’est vraiment sa relation avec Jésus qui a permis à Nader de passer au travers, en ayant « Dieu comme seul refuge ».

Une des expériences marquantes de son noviciat ? Nader parle de son travail à Mother Teresa Middle School, où il a dû apprendre à être présent en tant que représentant d’une Église ayant participé au génocide culturel des peuples autochtones. Il a cherché conseil auprès d’un autre jésuite, John Meehan, qui lui a suggéré de ne pas seulement être prêt à être avec les Autochtones dans leur colère, mais aussi de l’accueillir. « Comment être là pour eux, avec eux, marcher avec eux ? Même si moi, comme individu, je n’ai pas participé aux actes commis dans les pensionnats, je fais partie de cette institution qu’est l’Église, et je peux seulement être présent pour ceux et celles qui en ont subi les conséquences. De mettre cela en perspective m’a aidé beaucoup à avancer. » Au fil du temps, des relations se sont bâties entre le novice et les enfants et adultes autochtones, et il a été invité à participer à une prière au printemps, à la fin de son expériment. « L’aîné m’a dit : “Moi, je vais prier vers deux points cardinaux, toi tu vas prier vers les deux autres. Tu fais comme tu veux.” Les ancêtres que j’ai priés sont les saints, ou ceux qui sont venus avant nous, qui sont maintenant avec Dieu et qui, dans notre croyance, peuvent nous écouter et nous aider. C’est la même chose pour eux : les ancêtres écoutent et aident. La cérémonie s’est bien déroulée. On m’a donné beaucoup de tabac à la fin, que j’ai déposé au pied d’un arbre. » Ensuite, les élèves lui ont fait des cartes et lui ont souhaité une bonne continuation pour qu’il devienne un bon prêtre.

Toujours lors de cet expériment, il a essayé quelque chose de nouveau à l’occasion d’un rallye pour les jeunes de l’archidiocèse de Regina. Remplissant un formulaire pour proposer son aide, il a presque tout coché, dont la case « Be open to learn something about the Backstreet Boys ». « Lors de la première rencontre, je découvre que ça veut dire que je vais danser et chanter une chanson des Backstreet Boys sur scène ! J’ai mis mon col romain, une casquette, et je l’ai fait ! J’ai chanté avec d’autres I Want It That Way. » Il a ensuite présenté cette vidéo aux jeunes de l’école pour montrer qu’il ne faisait pas que les encourager à essayer quelque chose de nouveau, il le faisait lui-même.

Sur la route en pèlerinage

Lors de la première année du noviciat, les jeunes jésuites font un pèlerinage d’un mois, seuls, avec 60 $ en poche. Nader savait que l’expérience arriverait, et cela lui faisait peur, notamment parce qu’il souffre d’un problème de santé. Néanmoins, il avait bon espoir. L’objectif du pèlerinage est de faire confiance à Dieu, mais Nader avait au départ confiance en sa planification. « J’allais frapper aux portes des communautés religieuses et ils allaient m’accepter. J’allais demander l’aumône, et comme les gens sont généreux, ils allaient me donner de l’argent. Alors tout allait bien aller. »

Sa théorie n’a pas passé l’épreuve de la pratique. La première institution religieuse aux portes de laquelle Nader a frappé n’a pas cru qu’il était en pèlerinage, et quand finalement les prêtres ont accepté son histoire, ils lui ont donné 60 $ en lui souhaitant bonne route. « Mon premier plan, à savoir que les religieux allaient m’accueillir, tombait à l’eau. » Avec l’argent, le novice s’est acheté un billet de bus pour Trois-Rivières et, en attendant le départ, il s’est mis à quêter dans la rue. « J’ai enlevé ma casquette pour avoir de l’argent, et les gens passaient sans même me regarder. Alors, très naïvement, je me suis dit qu’ils ne comprenaient peut-être pas que je quêtais, donc j’ai écrit sur un papier “J’ai besoin d’aide, s’il vous plaît”. Les gens lisaient et passaient leur chemin. Au bout de deux heures, deux vieilles dames seulement s’étaient arrêtées, et en tout j’avais récolté 1,75 $. »

Arrivé à Trois-Rivières, il ne savait pas quoi faire ni où aller. Finalement, après qu’il eut cogné à la porte de l’évêché, tout s’est bien déroulé. On lui a offert un lit, et à partir de ce moment, il a pu dormir quelques jours dans une communauté religieuse, puis une autre. La Providence s’est manifestée de diverses manières pendant ce mois de pèlerinage. Par exemple, Nader s’était dit, à la fin de son séjour dans une communauté, qu’il allait en appeler une autre le lendemain afin de voir s’il pourrait être hébergé. « Et là, le lendemain, on était en train de prendre le déjeuner et le téléphone sonne. C’était justement cette communauté qui appelait : “On a entendu parler d’un novice qui est en pèlerinage et qui passe entre les communautés. Est-ce qu’il veut venir chez nous ?” Je n’ai pas appelé, je n’ai pas frappé à leur porte, c’est eux qui ont appelé ! »

De ce pèlerinage, Nader a retiré une leçon essentielle. « Je n’ai pas mérité tout ce qu’on m’a offert, je n’ai rien fait pour ça, mais je l’ai reçu quand même. J’ai vu à quel point Dieu prend soin de moi. Il veut seulement que je lui fasse confiance. Je comprends pourquoi ça n’a pas fonctionné au début de mon pèlerinage : il fallait que tout tombe dans l’eau, que je sois un peu désespérée pour accepter de faire confiance et voir comment Dieu fonctionne. »

À une personne qui pense à devenir novice, mais a peur du pèlerinage, Nader dit : « C’est normal d’avoir peur. C’est tout à fait humain. C’est tout à fait compréhensible, mais tu vas recevoir beaucoup plus de grâces que tout ce que tu peux imaginer. Je ne peux pas t’aider à ne pas avoir peur, mais je peux te dire que Dieu prend soin de nous et qu’il nous surprend. »

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