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Story

photo : Michael Swan

Par Fannie Dionne

John O’Brien a éprouvé les premiers signes d’une vocation religieuse dès son plus jeune âge en accompagnant sa mère à la messe. Entré dans la Compagnie de Jésus en 2008, il a exercé différentes fonctions auprès des jeunes (enseignant, directeur d’école, directeur spirituel), et il est aujourd’hui directeur des vocations chez les Jésuites du Canada. Fort de cette expérience, il commente ici ce que recherchent les jeunes, ce qui explique leur désengagement et ce que les jésuites ont à leur offrir. 

Même si c’était encore très flou, je pense pouvoir faire remonter les premières impressions que j’ai eues de la beauté d’une vocation religieuse à ces moments passés avec ma mère et les moines à la messe. 

Vous rappelez-vous les premiers signes qui vous ont fait entrevoir qu’une vocation à la vie religieuse pourrait vous rendre heureux ? Qu’avez-vous ressenti alors ? 

J’ai grandi à Mission, en Colombie-Britannique, une petite ville de la vallée du Fraser près de Vancouver. Nous vivions tout près d’un monastère bénédictin qui administrait un séminaire, une maison de retraite et une ferme. Maman me réveillait très tôt et nous allions assister à la messe de 6 heures. Même si c’était encore très flou, je pense pouvoir faire remonter les premières impressions que j’ai eues de la beauté d’une vocation religieuse à ces moments passés avec ma mère et les moines à la messe.  

Vous avez été enseignant, directeur d’école, directeur spirituel et conférencier pour les jeunes. D’où vous est venu cet intérêt pour l’accompagnement des jeunes ? Avez-vous connu des consolations particulières ? 

Jusqu’au moment où j’ai discerné mon appel chez les jésuites, ma vie ne suivait pas d’itinéraire précis. J’ai étudié en journalisme. J’aimais écrire et, pour reprendre une formule ignatienne, je voulais « faire la lumière » sur le plus grand nombre possible de problèmes de notre monde. Mais Dieu avait d’autres plans. Je me suis retrouvé enseignant puis directeur d’une petite école privée, et j’aimais proposer la lumière de la foi et de la raison à de jeunes esprits. Plus tard, comme jésuite, ce désir s’est approfondi quand je suis devenu instructeur dans un collège universitaire de Vancouver. Nos expéditions missionnaires dans le Nord canadien ont été des moments de grande consolation; en particulier lorsque j’ai vu les étudiants ouvrir leur cœur à nos hôtes autochtones et cultiver le désir de consacrer leur vie à de grandes causes.  

photo : John O’Brien, SJ

Vous offrez une retraite ignatienne en silence pour jeunes professionnels. Pourquoi ? 

Le ministère de l’Église s’efforce de toucher différentes catégories de personnes. Mais il m’a semblé qu’il y avait une grave lacune lorsqu’il s’agissait de répondre aux besoins de jeunes hommes et de jeunes femmes qui ne sont plus de grands adolescents, mais qui ne sont pas encore mariés ou engagés dans une vocation. Ces gens-là passent habituellement entre les mailles du filet de la vie paroissiale et ne participent pas aux retraites organisées. Or saint Ignace a conçu les Exercices spirituels précisément pour eux ! Il y a environ trois ans, à l’invitation de Manresa à Pickering, j’ai donc organisé une première retraite à l’intention des « jeunes professionnels »… et elle a fait salle comble. Nous avons eu de beaux partages avant de nous séparer, et j’ai remarqué qu’on disait : « comment faire pour que cela se répète ? » et « pouvons-nous continuer à nous rencontrer et à grandir ensemble ? ».  

J’ai donc organisé une première retraite à l’intention des « jeunes professionnels »… et elle a fait salle comble. Nous avons eu de beaux partages avant de nous séparer, et j’ai remarqué qu’on disait : « comment faire pour que cela se répète ? » et « pouvons-nous continuer à nous rencontrer et à grandir ensemble ? ».  

On le sait, les jeunes générations au Canada ont tendance à se méfier des institutions, y compris de l’Église catholique. Qu’est-ce que les jésuites ont à offrir aux jeunes ? 

Je suis convaincu que l’Église doit offrir avant tout une expérience de Dieu. Les jeunes savent très bien s’organiser pour s’amuser, se faire des amis ou même rendre service et faire du bénévolat. Dans ces domaines, lorsque l’Église essaie de rivaliser avec les organisations profanes, nous avons souvent du mal à garder l’intérêt des jeunes. S’ils viennent à l’Église, c’est parce qu’ils vivent une recherche existentielle et qu’ils veulent combler un manque spirituel : ils sont en quête de Dieu. 

photo : John O’Brien, SJ

Saint Ignace disait que les jésuites sont appelés à « faire progresser les âmes dans la vie chrétienne ». Nous avons une tradition de discernement finement structurée : elle aide à percevoir la façon dynamique dont Dieu communique avec l’âme. Quand les jeunes comprennent ça, leur vie gagne bientôt en intensité ; il reste à les accompagner. Une présence discrète qui les amène à entendre « le Créateur parler à la créature » peut amorcer chez eux une redécouverte de l’Église et la rencontre avec Dieu. 

Vous êtes le directeur des vocations pour les jésuites du Canada. Comment la vocation s’enracine-t-elle dans la réalité des jeunes d’aujourd’hui et quel rôle jouez-vous auprès d’eux ? 

C’est devenu évident pour moi : en fait, c’est Dieu qui est le directeur des vocations. Moi, je suis là surtout pour répondre aux initiatives de la grâce que vivent déjà les jeunes gens qui me relancent. Cette réalité-là, je ne finis pas de m’en étonner. Il est clair qu’ils ont le désir de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire. Au fond d’eux-mêmes, ils savent qu’il y a un antidote à leur agitation. Comme le disait Bob Dylan, « que ce soit le diable ou le Seigneur, il faut servir quelqu’un ». La vocation de prêtre ou de frère jésuite n’est qu’une façon de donner sa vie à Dieu. Nous aidons parfois les jeunes à trouver dans l’Église d’autres itinéraires qui leur conviennent mieux. Mais c’est toujours une immense joie de voir quelqu’un trouver sa vocation. 

Comme le disait Bob Dylan, « que ce soit le diable ou le Seigneur, il faut servir quelqu’un ». La vocation de prêtre ou de frère jésuite n’est qu’une façon de donner sa vie à Dieu.

photo : John O’Brien, SJ

Avez-vous un message pour le jeune catholique canadien moyen ? Où sont les raisons d’espérer ? 

Les jeunes ont avant tout besoin de savoir qu’ils sont beaux, qu’ils sont aimés et qu’ils sont comblés de grâce. Quoiqu’ils aient fait et quoiqu’il leur soit arrivé, ils possèdent une valeur innée parce qu’ils sont façonnés à l’image et à la ressemblance de Dieu, et qu’ils sont aimés d’un amour inépuisable et éternel. Lorsque j’en ai l’occasion, je les invite à considérer les façons dont Dieu les a déjà bénis : voilà les premières raisons d’espérer. La solitude dans la société est devenue intense ; le premier message doit donc faire écho à ces mots que le Christ répète souvent : « n’ayez pas peur ». Ensuite, je leur explique que Dieu a des projets pour eux, des projets qui les amèneront à connaître le mieux-être et la joie. 

 

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