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Story

Par Clara Atallah

Il est difficile d’imaginer les épreuves par lesquelles le peuple libanais est passé ces dernières années. En 2019, une crise politique et une vague d’insurrections paralysent le pays des cèdres. Celui-ci est déjà frappé de plein fouet par une crise économique dévastatrice et une forte dévaluation de la livre libanaise, qui a perdu plus de 97 % de sa valeur sur le marché. La crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 n’a fait qu’aggraver la situation. Enfin, pour couronner le tout, le 4 août 2020 à 6 h 07, 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans le hangar numéro 12 de la zone portuaire ont explosé. Il y a eu de très nombreuses victimes et cela a provoqué des dégâts matériels considérables à travers la ville.   

Comment accompagner ce peuple en souffrance ? Comment apporter une lumière d’espérance à un peuple dévasté ? Le père Gabriel Khairallah, SJ, professeur à l’Université Saint-Joseph (USJ) ainsi qu’à Sciences Po Paris et également directeur du Cercle de la jeunesse catholique (CJC) au Liban, nous fait part ici de son témoignage. 

L’explosion a entraîné la destruction d’une quantité innombrable de maisons et le déplacement de plus de 300 000 familles. Devant cette catastrophe, il fallait agir vite. La première décision de la Compagnie de Jésus a été de débloquer des fonds pour distribuer des repas d’urgence. « Quand nous avons vu l’absence totale de l’État dans la gestion de la crise, nous avons décidé de soutenir pendant une période d’environ trois mois les jeunes volontaires de l’association Offre Joie en leur distribuant ces repas d’urgence, car ils reconstruisaient leur ville de leurs propres mains. » 

 « J’effectuais surtout un travail d’accompagnement et d’écoute. Les gens avaient besoin de parler. » 

Cette quête d’espérance et de consolation, les intervenants et intervenantes essayaient d’y répondre dans la mesure du possible. « Les premiers mois qui ont suivi l’explosion, nous allions tous les jours visiter les familles. Au bout d’un moment, j’ai commencé à avoir des fatigues nerveuses. J’ai un ami psychiatre qui m’a recommandé d’espacer mes interventions et de me ressourcer durant les fins de semaine à la campagne. Et c’est là que j’ai réalisé la chance et le privilège que j’avais de pouvoir sortir de temps en temps pour me ressourcer à la résidence des Jésuites en dehors de Beyrouth (ou même de voyager en France pour enseigner !), contrairement aux habitants de ce quartier de Karantina, qui avaient tous les jours, face à eux, le port et les silos en ruine. » Beyrouth était invivable à ce moment-là, la mort était partout. 

 « Les gens étaient à bout. Ils avaient besoin d’un signe d’espérance. » 

« Mais malgré la fatigue, nous n’avions pas le droit d’arrêter ! L’énergie des bénévoles d’Offre Joie, qui venaient même de l’étranger pour nous soutenir, nous donnait beaucoup de force. Et si je partais me ressourcer à la campagne, c’était dans le but de poursuivre cette mission d’accompagnement ! » 

À l’heure actuelle, les jésuites continuent à soutenir la population, qui s’est beaucoup appauvrie. Ils offrent de l’aide alimentaire, un service quotidien de distribution de plats chauds et de l’assistance médicale grâce à leur dispensaire. 

Le père Khairallah salue le dynamisme des bénévoles du CJC  

À Beyrouth, les bénévoles cuisinent et distribuent quotidiennement 250 plats chauds et 700 colis alimentaires par mois. 

À Zahlé (dans la région montagneuse et pauvre de la Békaa) on distribue 220 plats par jour, et ce quatre fois par semaine, 150 colis alimentaires par mois, ainsi que des couches et du lait pour enfants. Le père Khairallah se rend personnellement une fois par semaine à Zahlé pour faire la distribution des caisses et pour visiter les familles avec les bénévoles. 

Les bénéficiaires sont identifiés grâce à un réseau de paroisses et d’organisations locales. Ils travaillent de concert avec des assistantes sociales qui évaluent les besoins des foyers. Il s’agit principalement de personnes âgées seules ou de familles qui ont de grands handicaps. 

Les Jésuites s’engagent à soutenir la population tant qu’ils ont les moyens de le faire. « Le défi actuel est de durer dans le temps. Avec la guerre en Ukraine et le récent séisme dévastateur en Syrie et en Turquie, nous sommes incertains quant à la pérennité de nos activités. » 

 

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Statistiques : 

Selon une étude de 2017 du Trevor Project, les individus LGBTQ+ citent souvent la discrimination fondée sur des motifs religieux comme la raison principale de leurs problèmes de santé mentale.

Une enquête de 2017 menée par le Public Religion Research Institute a révélé qu’environ seulement 40 % des catholiques estiment que leur Église est accueillante envers les individus LGBTQ+.

 

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