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Story

À une époque où les connexions numériques abondent et où il semble facile d’être hyperconnecté, mais où la compréhension authentique nous échappe souvent, le Père Lissaint Antoine, SJ, Secrétaire provincial, réfléchit à la profondeur de la spiritualité ignatienne. De son expérience, la spiritualité ignatienne permet d’entrer en relation avec tous les autres, prêt à les écouter et à marcher avec, avec ouverture et flexibilité. Cette ouverture et cette adaptabilité ne sont pas seulement des vertus mais des nécessités, en particulier lorsque la véritable compréhension devient ironiquement un défi dans notre monde interconnecté.

La danse de la réflexion et de la prise de conscience, enracinée dans les enseignements de Saint Ignace.

Au sein de la province des Jésuites du Canada, cet ethos résonne profondément, attirant des individus d’origines diverses dans un parcours commun. Ce texte de la série « Être ignatien » (ici, ici, ici et ici) cherche à explorer ces intersections, les innombrables façons dont la spiritualité ignatienne façonne, guide et relie les vies. C’est une danse d’introspection et de sensibilisation, d’exploration individuelle et de découverte communautaire, le tout ancré dans les enseignements intemporels de saint Ignace.

Suivre la voie ignatienne, c’est embrasser une vision du monde marquée par le discernement, l’empathie et l’engagement à cheminer aux côtés des autres, en écoutant profondément et en recherchant une compréhension authentique dans chaque rencontre.

Qu’est-ce qu’une personne ignatienne, selon vous ?

Une personne ignatiennne, c’est quelqu’un — un homme, une femme — qui vit sa foi, sa relation avec Dieu selon la méthodologie d’Ignace, la spiritualité ignatienne. Il y a toute la centralité du Christ dans notre manière de vivre notre foi, mais aussi le discernement et la recherche de la volonté de Dieu pour la mettre en pratique.

Un ignatien, c’est quelqu’un qui, comme lors de la première semaine des Exercices spirituels, se reconnaît comme pécheur pardonné. Mais aussi comme personne appelée à collaborer avec le Christ dans la mission de faire atterrir le Royaume de Dieu — c’est-à-dire dans la vie concrète des gens, de travailler pour la paix, la justice, la solidarité…, être en quelque sorte un témoin de la bonté de Dieu.

Être ignatien, c’est se sentir un homme et une femme pour les autres. C’est du moins comme ça que je le vis. C’est être toujours au service et à l’écoute des gens, accompagner la personne là où elle se trouve, apprendre à l’écouter, apprendre à marcher ensemble, mais aussi se laisser accompagner.

Comment votre spiritualité ignatienne se vit-elle au quotidien ?

J’essaie de laisser transparaître ma relation avec Dieu concrètement dans ma relation avec les autres. La dimension du discernement de la volonté de Dieu est alors fondamentale, parce ce que rien n’est jamais noir ou blanc : on doit discerner, réfléchir, essayer de trouver vraiment ce qui conduit au plus grand bien pour la personne, à son bonheur et sa dignité. Et c’est dans notre relation avec Dieu qu’on va découvrir cette dignité de la personne. On vit parfois des situations de stress, de confusion, de désolation, mais c’est quelque chose que j’essaie de vivre dans la joie.

Être ignatien, c’est se sentir un homme et une femme pour les autres. C’est du moins comme ça que je le vis.

Lissaint Antoine, SJ

Un autre principe ignatien qui est aussi important pour moi, c’est toute la question de chercher à « sauver la proposition de l’autre au lieu de le condamner » ou de le juger. J’essaie de comprendre d’abord ce que vit l’autre, ce qu’il sait, ce qu’il dit, ce qu’il fait. Il peut y avoir des points de vue sur lesquels je ne suis pas d’accord, mais j’essaie de les comprendre, de me mettre à la place de la personne. Ça ne veut pas dire que je vais tout absorber, mais au moins j’essaie de comprendre le contexte, sa situation et pourquoi la personne a agi ou a réfléchi comme ça. Inversement, j’essaie de me faire comprendre au mieux.

Enfin, une expression de saint Ignace que j’aime beaucoup et je le répète souvent en espagnol est Personas, tiempos et lugares (personne, temps et lieux), c’est-à-dire selon les circonstances des personnes et du contexte. Dans la spiritualité ignatienne, cette dimension de personne,  temps et lieu est importante : c’est une flexibilité qui permet de laisser une place à l’autre, de comprendre l’autre. Il n’y a pas de rigidité : avec différentes personnes, je peux dire la même chose, mais d’une autre manière, juste pour pouvoir aider l’autre à me comprendre et à comprendre. C’est à mon avis, cette ouverture qu’Ignace nous invite à cultiver.

Comment la spiritualité ignatienne vous fait-elle sentir au quotidien?

Je dirais que la spiritualité ignatienne telle que je la vis me fait ainsi vivre dans la gratitude et la générosité au quotidien. Je me sens reconnaissant envers le Bon Dieu qui ne cesse de m’accompagner de ses bienfaits, et c’est ce qui m’encourage à me mettre davantage au service des autres, tant au niveau local dans ma communauté jésuite qu’au niveau plus universel dans la Compagnie de Jésus, dans l’Église et dans la société.

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